L’année 2019 a été encore une fois riche en réflexion et échanges sur les concepts de bien-être au travail, quête de sens, lien entre performance humaine et performance de l’entreprise, concilier productivité et humanité…etc. Ces débats s’inscrivent dans la temporalité de l’entreprise aujourd’hui : aller vite, de plus en plus vite, faire des entretiens « flash », des « standing briefings » efficaces, des coaching brefs…C’est dans cette frénésie permanente qu’a émergé la promesse du slow management.

Le slow management s’inscrit dans l’émergence de la tendance du « slow » : slow food, slow média. Ce qui ne signifie pas manager au ralenti. Le slow, c’est prendre le temps de trouver du sens dans le monde qui nous entoure et pouvoir le partager.

La slow-food retourne aux fondamentaux des aliments, aux goûts naturels, en opposition au fast-food, dont on sait à quel point ils ne sont pas sains. Les slow-media prennent le soin de raconter des histoires au long cours, en passant du temps avec leurs sujets et sur le terrain, pour aller plus loin que l’actualité sous forme de « breaking news » qui sollicite sans cesse mais jamais ne donne à comprendre. Le slow management, lui, rappelle que la productivité et l’innovation sont meilleures quand on prend le temps de manager en ayant l’œil sur d’autres indicateurs que celui des performances.

Slow manager, ce n’est pas perdre du temps à manager, c’est prendre le temps de le faire bien…

Être slow manager, c’est oser donner du temps au temps, choisir de ralentir pour ne pas papillonner. C’est aussi nous rappeler que la condition de réussite d’une équipe soudée et performante passe aussi par l’engagement serein de chacune des personnes qui la compose. Pour contrer l’accélération des rythmes de travail et accompagner autrement la croissance, il importe de donner de l’attention à ce qui compte et de choisir une gestion du temps fondée sur l’économie de moyens. Il s’agit en fait de pouvoir faire un pas de côté.

Slow manager passe par une prise de conscience : il sera de toute manière impossible de tout faire, de tout terminer, et il faut donc accorder du « temps juste » aux choses. En acceptant de revoir les indicateurs clés de performance, c’est s’offrir, comme manager, des moments sincères de connexion à l’autre, pour partager nos facteurs de motivation, nos aspirations, nos attentes.

Dans la journée, slow manager consiste à choisir : de terminer de lire jusqu’au bout l’article qu’on a commencé, de déjeuner assis avec une personne de son équipe en savourant ce temps, ou de marcher dans la rue le nez en l’air pour observer les arbres plutôt que d’en profiter pour téléphoner. Prendre des temps de recul, de respiration, qui généreront un changement de posture contribuant à rassurer et être en capacité de mieux accompagner ses équipes.

Slow manager, c’est éliminer les projets « usines à gaz »

Qu’il s’inscrive dans une démarche individuelle ou collective, le slow management propose de revoir ce qui, au sein d’un service ou d’une organisation, nous emmène à pêcher par optimisme ou négliger les obstacles. Et donc prendre des temps de réflexion critique, de prises de recul nécessaires, pour renouer avec une croissance saine.

Le slow management est, vous l’avez compris, un courant de pensée plutôt qu’un modèle déclinable en l’état. Il a le mérite de poser les bonnes questions, d’interroger les pratiques managériales, de redonner sa place au manager, dans l’exercice d’un leadership plus authentique et centré sur la relation humaine.

Certains vont plus loin, et évoquent le concept de slow business, puis de slow economy. Pour relever les défis planétaires qui nous attendent, nous devons entreprendre la nécessaire transition dans notre manière de travailler, en sortant de critères uniquement marchands, pour intégrer le lien social. Et pour vous, ça commence quand ?

Pour en savoir plus, découvrez l’ouvrage de Claudio Vitari, « Slow Management, Entreprendre la Transition » aux éditions Collection Village Mondial, dans toutes les bonnes librairies !

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